Célina SILVA
Consultante et formatrice en sécurité relationnelle · Prévention des tensions et des violences · Accompagnement psychocorporel (traumas) · Ateliers et formations sur mesure
Célina SILVA
Consultante et formatrice en sécurité relationnelle · Prévention des tensions et des violences · Accompagnement psychocorporel (traumas) · Ateliers et formations sur mesure
Il y a des réactions qu'on ne comprend pas. Une odeur, une voix, un mot — et quelque chose se serre. Le cœur s'emballe. Les larmes montent. Ou au contraire, on se fige, on se coupe de tout. Et on ne sait pas vraiment pourquoi.
Ce n'est pas de la fragilité. Ce n'est pas "dans la tête". C'est le corps qui se souvient.
On a longtemps cru que traiter une expérience difficile passait uniquement par la parole et la pensée — comprendre ce qui s'est passé, mettre des mots dessus, "faire le deuil", "tourner la page".
Ce que les neurosciences confirment depuis plusieurs décennies, c'est que cette vision est incomplète.
Quand une expérience dépasse nos capacités d'adaptation — un événement brutal, une relation destructrice, une période d'épuisement intense, un deuil, une enfance difficile — le cerveau ne l'enregistre pas comme un souvenir ordinaire. Il l'encode différemment. Les sensations physiques, les émotions, les réactions automatiques associées à cette expérience restent actives, en veille, dans le système nerveux.
Et un jour, quelque chose les réveille.
Pas forcément quelque chose de gros. Parfois une posture. Une intonation. Une date sur un calendrier. Le corps reconnaît quelque chose que la tête n'a pas encore identifié — et il réagit, comme si c'était maintenant.
C'est ce qu'on appelle la mémoire traumatique. Et elle n'est pas un signe de faiblesse. C'est un mécanisme de survie qui a fait son travail — et qui n'a pas encore reçu le signal que c'est terminé.
Ce que j'observe dans mon travail à Orléans et en distanciel, c'est que beaucoup de femmes arrivent avec des symptômes qu'elles ont appris à minimiser. Des douleurs chroniques sans explication médicale claire. Une fatigue qui ne cède pas même après du repos. Des insomnies. Des réactions "disproportionnées" — colère soudaine, larmes incompréhensibles, tétanie face à une situation anodine.
Elles ont souvent consulté. Parfois beaucoup. Elles ont des bilans corrects, des médecins qui ne trouvent rien d'organique. Et elles se retrouvent avec cette phrase qui fait mal : "c'est peut-être psychologique."
Comme si "psychologique" voulait dire imaginaire.
Ce que ces symptômes disent, en réalité, c'est que le système nerveux est en état d'alerte prolongé. Qu'il essaie de gérer quelque chose qu'il n'a pas pu intégrer. Que le corps n'est pas en train de défaillir — il est en train de demander de l'aide.
Et ça, ça mérite d'être entendu autrement.
Pour comprendre pourquoi certaines émotions "reviennent sans prévenir", il faut comprendre ce qui se passe neurobiologiquement lors d'une expérience traumatique.
Face à un danger — réel ou perçu — le cerveau active en quelques fractions de secondes une réponse de survie. L'adrénaline monte. La fréquence cardiaque s'accélère. Les muscles se préparent à courir ou à frapper. L'hippocampe, qui gère l'encodage chronologique des souvenirs, se met en veille. L'amygdale, qui détecte les menaces, prend le dessus.
Quand la situation se résout — on s'échappe, on est protégée, le danger passe — le système nerveux peut revenir à l'équilibre. Le souvenir est encodé normalement, intégré dans le passé.
Mais quand la situation ne se résout pas — quand on reste prisonnière, quand on se fige, quand l'expérience est trop intense ou trop répétée — le système nerveux reste en état d'activation. Le souvenir n'est pas intégré. Il reste comme suspendu, chargé, prêt à se réactiver au moindre signal qui ressemble de près ou de loin à ce qu'il a connu.
C'est pour ça qu'une odeur peut ramener instantanément dans un état émotionnel d'il y a vingt ans. Ce n'est pas irrationnel. C'est biologique.
Beaucoup de personnes que j'accompagne ont déjà fait un travail sur elles-mêmes. Elles ont lu, cherché, parfois suivi une thérapie. Elles comprennent d'où vient ce qu'elles vivent. Et pourtant, ça reste là.
C'est épuisant — et décourageant — de comprendre quelque chose avec la tête et de continuer à le vivre dans le corps.
Ce que ce constat révèle, c'est que la compréhension cognitive est nécessaire, mais pas suffisante. Pour que quelque chose change vraiment, il faut que le système nerveux reçoive lui aussi un signal de sécurité. Pas seulement le cerveau pensant — le corps entier.
C'est ce que l'approche psychocorporelle permet : travailler simultanément sur ce que la personne comprend et sur ce que son corps porte encore. Pas l'un après l'autre, mais ensemble.
Dans les programmes que je propose — à Orléans en présentiel ou en distanciel partout en France — le travail se fait sur plusieurs niveaux à la fois.
La psychoéducation permet de comprendre ce qui se passe neurologiquement : pourquoi le système nerveux réagit comme ça, ce que les réactions du corps signifient, comment le stress chronique et le trauma s'inscrivent dans la physiologie. Cette compréhension change quelque chose — elle sort la personne de la honte ou de l'incompréhension pour la placer dans une posture de connaissance d'elle-même.
Les techniques corporelles — technique EMMETT, technique Bowen — permettent de libérer les tensions physiques profondes, celles que le corps accumule et retient depuis parfois des années. Par des touchers doux et précis sur les fascias, elles aident le système nerveux à sortir de l'état d'alerte, à retrouver un équilibre qui n'était plus accessible.
La désensibilisation par mouvements alternatifs — cousine de l'EMDR — permet de retraiter progressivement les mémoires traumatiques : non pas les effacer, mais leur retirer leur charge émotionnelle, pour qu'elles restent dans le passé plutôt que de continuer à envahir le présent.
Et entre les séances, un livret d'accompagnement personnel permet d'ancrer le travail dans le quotidien — pour que le changement ne reste pas dans le cabinet, mais s'installe vraiment dans la vie.
Ce que j'observe le plus régulièrement au fil des programmes — d'une durée de 3 à 5 mois — c'est une chose difficile à nommer mais que beaucoup décrivent de façon très proche : elles commencent à se sentir chez elles dans leur propre corps.
Moins de réactions automatiques incontrôlables. Plus de capacité à sentir ce qu'elles ressentent sans en être submergées. Un rapport au corps qui devient ressource plutôt que source d'alarme.
Et avec ça, des choses concrètes : mieux dormir. Moins de douleurs. Une relation aux autres qui change. Une façon d'être à soi-même qui redevient possible.
Le corps gardait mémoire — et il peut apprendre à poser ce qu'il portait.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous lisez — ces émotions qui surgissent sans prévenir, cette fatigue que le repos ne répare pas, ce sentiment d'être prisonnière de quelque chose que vous ne comprenez pas tout à fait — je vous propose un premier échange téléphonique gratuit et sans engagement.
Célina SILVA est praticienne en accompagnement psychocorporel à Orléans (Loiret), certifiée NDA actif. Elle accompagne les femmes qui traversent ou ont traversé un traumatisme, un épuisement ou une période de rupture, en présentiel et en distanciel partout en France.