Célina SILVA
Consultante et formatrice en sécurité relationnelle · Prévention des tensions et des violences · Accompagnement psychocorporel (traumas) · Ateliers et formations sur mesure
Célina SILVA
Consultante et formatrice en sécurité relationnelle · Prévention des tensions et des violences · Accompagnement psychocorporel (traumas) · Ateliers et formations sur mesure
"Prendre sa place." C'est l'une des expressions qu'on entend le plus dans les espaces de développement personnel, de thérapie, d'accompagnement. Et c'est aussi l'une de celles dont le sens s'évapore à force d'être répété.
Alors je voudrais m'arrêter dessus. Pas pour en donner une définition théorique — mais pour dire ce que j'observe chez les femmes qui le vivent, et ce que ça implique concrètement.
Ce n'est pas s'imposer. Ce n'est pas parler plus fort, prendre plus de place physique, affirmer ses opinions à tout prix.
Ce n'est pas non plus une posture à adopter — un comportement appris, une façon de se tenir ou de formuler les choses qui donnerait l'impression d'être "quelqu'un qui prend sa place".
Et ce n'est certainement pas quelque chose qui se décide un matin en se levant du bon pied.
Ce que je vois dans mon travail — avec des femmes de profils très différents, d'histoires très différentes — c'est quelque chose de précis et de récurrent.
Des femmes qui savent ce qu'elles ressentent, mais qui attendent de vérifier que c'est "légitime" avant de le dire.
Des femmes qui ont une opinion claire, mais qui la formulent avec tellement de précautions — "je ne sais pas si je me trompe", "c'est peut-être juste moi", "tu as sûrement raison" — qu'elle devient imperceptible.
Des femmes qui disent oui quand elles pensent non, parce que le non leur semble trop risqué — trop conflictuel, trop égoïste, trop quelque chose.
Des femmes qui s'effacent dans les groupes, non pas parce qu'elles n'ont rien à dire, mais parce qu'une part d'elles croit — profondément, sans toujours en être consciente — que ce qu'elles ont à dire ne vaut pas assez.
Ce n'est pas de la timidité. Ce n'est pas un manque de confiance au sens superficiel du terme. C'est quelque chose de beaucoup plus ancré — une conviction intérieure, souvent construite depuis longtemps, que leur présence prend trop de place, ou pas assez de valeur.
Prendre sa place, c'est d'abord savoir qu'on en a une. Que son point de vue, son ressenti, son besoin ont autant de droit d'exister que ceux des autres. Pas plus — mais pas moins non plus.
C'est être capable de rester soi-même dans une conversation qui devient inconfortable. De ne pas disparaître quand quelqu'un élève la voix. De ne pas se contorsionner pour correspondre à ce qu'on croit que l'autre attend.
C'est pouvoir dire "non" sans avoir besoin de s'excuser longuement. "Je ne suis pas d'accord" sans immédiatement chercher à compenser. "J'ai besoin de ça" sans le faire passer pour une demande déraisonnable.
Et c'est — peut-être surtout — ne plus avoir besoin de permission. Ne plus attendre que quelqu'un valide ce qu'on ressent pour commencer à le prendre au sérieux.
Ce que j'observe dans mon travail, c'est que "prendre sa place" est d'abord une expérience corporelle avant d'être une décision mentale.
Les femmes qui ne prennent pas leur place ont souvent un corps qui en témoigne — une voix qui baisse dans les moments importants, des épaules qui se ferment, une respiration qui se retient, un ventre qui se noue quand il faut dire quelque chose de difficile.
Ce n'est pas une métaphore. Ce sont des réponses du système nerveux, installées depuis longtemps, qui anticipent le danger là où il n'y en a plus forcément.
C'est pour ça que le travail psychocorporel — celui qu'on fait dans le programme ÉCLAT et dans l'atelier HELP — touche à quelque chose que la réflexion seule n'atteint pas. On ne "décide" pas de prendre sa place. On le réapprend — dans le corps, dans la respiration, dans la façon dont on se tient et dont on parle.
Ce n'est pas spectaculaire. Ce n'est pas une révélation soudaine.
C'est plutôt : "J'ai dit ce que je pensais vraiment en réunion, et je ne me suis pas excusée après." "J'ai annulé un engagement que je n'avais pas envie d'honorer, et je n'ai pas culpabilisé pendant trois jours." "J'ai laissé quelqu'un être déçu, et je n'ai pas essayé de le réparer."
Des choses simples. Qui ne paraissent simples que de l'extérieur.
L'atelier HELP est construit autour de cette question : comment reprendre sa place — dans son corps, dans ses relations, dans sa vie. Les prochaines dates sont disponibles sur la page Ateliers.
Célina SILVA est thérapeute et formatrice psychocorporelle à Orléans. Elle accompagne les femmes dans la reconstruction de leur rapport à elles-mêmes, à travers des programmes individuels et l'atelier HELP.