Célina SILVA
Consultante et formatrice en sécurité relationnelle · Prévention des tensions et des violences · Accompagnement psychocorporel (traumas) · Ateliers et formations sur mesure
Célina SILVA
Consultante et formatrice en sécurité relationnelle · Prévention des tensions et des violences · Accompagnement psychocorporel (traumas) · Ateliers et formations sur mesure
Dans les structures associatives, il existe une forme particulière de déni face aux violences et aux incivilités au travail. Pas parce que les gens sont de mauvaise foi — mais parce que la culture associative repose souvent sur des valeurs d'engagement, de bienveillance et de solidarité qui rendent difficile de nommer ce qui va à leur encontre.
Pourtant, les violences existent dans les associations. Les incivilités aussi. Et les équipes qui les vivent ont besoin qu'elles soient nommées.
Les structures associatives présentent plusieurs caractéristiques qui les rendent vulnérables aux tensions relationnelles et aux violences professionnelles.
Le bénévolat comme facteur de complexité. Quand une partie de l'équipe est bénévole, les leviers habituels du management deviennent plus complexes. On ne peut pas "exiger" de la même façon. Les bénévoles peuvent partir du jour au lendemain. Et cette asymétrie crée parfois des situations où des comportements problématiques sont tolérés parce qu'on "ne peut pas se permettre de les perdre".
La mission comme bouclier. "On est là pour les autres" — cette phrase, dans une association, peut devenir un frein à la protection de soi. Des équipes qui accompagnent des publics fragiles, des personnes en difficulté, des situations humainement lourdes — et qui considèrent que se plaindre de leurs propres conditions de travail serait indécent par rapport à ce que vivent les personnes qu'elles accompagnent.
La gouvernance parfois floue. Dans les petites et moyennes associations, les frontières entre bénévoles, salariés, dirigeants et administrateurs sont parfois peu claires. Qui décide quoi ? Qui peut intervenir en cas de problème ? Cette opacité favorise les situations où les tensions s'enkystent sans que personne ne sache vraiment à qui il appartient d'agir.
L'exposition au public. Beaucoup d'associations travaillent avec des publics en difficulté — personnes vulnérables, situations de précarité, environnements tendus. Les équipes sont régulièrement exposées à des comportements agressifs, à des situations émotionnellement lourdes, à une pression relationnelle intense. Sans espace pour traiter cette exposition, les conséquences s'accumulent.
Dans les associations que j'accompagne, il y a souvent un décalage entre ce qui se passe et ce qui se dit officiellement.
Ce qui se passe : des équipes épuisées par des relations internes conflictuelles, des bénévoles qui imposent leur fonctionnement sans que personne n'ose leur dire, des salariés exposés à des comportements agressifs de la part du public sans protocole clair, des dirigeants qui gèrent seuls des situations qui les dépassent.
Ce qui se dit officiellement : "On est une grande famille." "On s'en sort." "C'est difficile mais c'est notre mission."
Ce décalage coûte cher — en burn-out, en turn-over, en perte de sens, en dégradation de la qualité du service rendu.
Agir sur les violences et les incivilités dans une association ne nécessite pas forcément des moyens importants. Mais cela nécessite une décision : nommer, structurer et former.
Nommer. La première étape est de donner un nom à ce qui se passe. Incivilité, violence verbale, comportement déplacé, harcèlement — nommer n'est pas dramatiser. C'est rendre visible ce qui peut ensuite être traité.
Créer un cadre clair. Qu'est-ce qui est acceptable dans cette structure ? Qu'est-ce qui ne l'est pas — de la part du public comme de la part des collègues ou des bénévoles ? Ces questions méritent une réponse formalisée, connue de tous, applicable.
Former les équipes. Savoir identifier ses propres signaux d'alerte avant d'être en crise. Savoir formuler un STOP professionnel face à un comportement déplacé. Savoir réguler l'impact émotionnel d'une situation difficile. Ce sont des compétences qui s'apprennent — et qui changent profondément la façon dont les équipes traversent les moments difficiles.
Prévoir des espaces de traitement. Réunion de régulation d'équipe régulière, possibilité de débriefing après une situation difficile, accès à un soutien externe si besoin. Ces espaces ne sont pas du luxe. Ce sont des conditions de viabilité pour des équipes exposées.
J'interviens auprès des associations pour des formations sur la prévention des tensions et des incivilités, adaptées à votre contexte, votre public et vos équipes — en présentiel et en distanciel.
Célina SILVA est consultante et formatrice en sécurité relationnelle. Elle accompagne les structures associatives dans la prévention des tensions relationnelles et la formation de leurs équipes.